L’album : un melange irresistible
Yael Naim est LA revelation de la saison. Son deuxieme album (eponyme) est une vraie reussite : un melange de pop, de folk et de jazz, dans lequel elle chante en anglais, en hebreu et en francais, avec une aisance deconcertante.
Parmi les titres de l’album, New Soul, le premier single, est certes accrocheur mais un peu trop simple a mon gout. Il ne rend pas justice a la richesse de l’album. En revanche, sa reprise de Toxic de Britney Spears est un pur moment de bonheur : drole, decale, plein de style. On y retrouve toute la personnalite de Yael Naim, son humour et son audace.
C’est le titre Paris, chante en hebreu, qui m’a definitivement convaincue d’aller au concert. Une melodie envoutante, des paroles poetiques, une voix qui vous transporte ailleurs. Impossible de resister.
Le concert : j’ai tripe comme jamais
Et le concert ? Le concert etait INCROYABLE. Il n’y a pas d’autre mot. J’ai tripe comme jamais.
Yael Naim sur scene, c’est une toute autre histoire que sur disque. L’energie qui se degage de cette petite bonne femme est absolument phenomenale. Elle joue de plusieurs instruments, passe du piano a la guitare, chante avec une intensite qui vous prend aux tripes. La Boule Noire, salle intimiste par excellence, etait l’ecrin parfait pour cette performance.
Les chansons gagnent enormement en version live. Elles sont plus originales, moins lisses, chargees d’une energie nouvelle qui les transcende completement. Ce qui sur disque pouvait paraitre parfois un peu sage prend soudain une dimension insoupconnee.
Les titres en live : une autre dimension
Chaque morceau se reinvente sur scene. Too Long est tout simplement magnifique en live, rempli d’une energie nouvelle qui vous submerge. C’est probablement le moment le plus intense du concert, celui ou l’on sent que quelque chose de special est en train de se passer.
Toxic devient un duo jouissif avec Spleen (David Donatien, son partenaire musical). Les deux musiciens s’amusent visiblement, et le public avec eux. La reprise de Britney Spears, deja excellente sur disque, atteint un autre niveau sur scene.
Et New Soul, que je trouvais un peu trop simple sur l’album ? En live, le titre se charge d’une energie gospel communicative. Toute la salle frappe des mains, emportee par le rythme. La chanson se transforme en un moment de communion collective absolument jubilatoire.

| Titre | Sur disque | En live |
|---|---|---|
| New Soul | Accrocheur mais simple | Energie gospel, toute la salle chante |
| Toxic | Reprise drole et stylee | Duo jouissif avec Spleen |
| Too Long | Beau morceau | Magnifique, moment le plus intense |
| Paris | Envoutant en hebreu | Encore plus poetique sur scene |
Les petits bemols de la soiree
Rien n’est parfait, et cette soiree ne fait pas exception. D’abord, 45 minutes d’attente avant le debut du concert, c’est long. Ensuite, la premiere partie assuree par un certain Clement etait tout simplement penible. Une vraie epreuve de patience avant le bonheur.
Dernier bemol : le son etait un peu trop amplifie pour la taille de la salle. La Boule Noire est un espace intimiste, et pousser le volume n’etait pas necessaire. La voix de Yael Naim et la finesse de ses arrangements auraient merite un traitement sonore plus delicat.
Trois fois oui ! Allez-y, courez, volez ! Yael Naim sur scene, c’est un bonheur absolu. — Une Russe a Paris
Verdict : foncez !
Malgre ces petits desagrements, le verdict est sans appel : FONCEZ ! Trois fois oui. Yael Naim en concert, c’est une experience que tout amateur de musique se doit de vivre au moins une fois. L’energie, la generosite, le talent brut de cette artiste sur scene sont absolument irresistibles.
Note posterieure : Yael Naim a depuis quitte les petites salles parisiennes. En avril 2008, elle se produisait deja a La Cigale, signe que le public avait compris ce que les spectateurs de La Boule Noire savaient deja : cette artiste est exceptionnelle. Son titre New Soul a ensuite ete choisi par Apple pour une publicite mondiale, propulsant Yael Naim sur la scene internationale. La suite lui a donne raison.