Tournée du Bolchoï à Paris : programme et avis à Garnier

Le ballet du Bolchoi est a Paris ! Tournee desormais traditionnelle a l'opéra Garnier, la troupe présente Le Corsaire, une soirée de trois ballets et Spartacus. Matvienko et Lounkina dans Le Corsaire sont corrects sans etre epoustouflants. Direction musicale decevante. Note : 3/5.
Danseurs du ballet du Bolchoï en représentation à l'Opéra Garnier de Paris

La tournee traditionnelle du Bolchoi

Ca y est, le ballet du Bolchoi est a Paris ! Leur tournee a l’opéra Garnier — comme les Russes appellent le Palais Garnier, ignorant ostensiblement Bastille (d’ailleurs, le Bolchoi ne vient jamais a Bastille) — est maintenant devenue traditionnelle : tous les deux-trois ans, la troupe du Bolchoi occupe la scene de Garnier pendant presque un mois en amenant trois spectacles.

Cette année, la tournee française doit beaucoup au milliardaire russe Oleg Deripaska, PDG du holding Basic Élément (aluminium).

Le programme : trois spectacles

Le Bolchoi présente :

  • Le Corsaire — un grand classique tout en tutus et pirates a la fausse barbe

  • soirée de trois ballets — dont une creation (avec la scene des Ombres de La Bayadere)

  • Spartacus — un grand classique de la choregraphie soviétique

Toute la presse française conseille d’aller voir la soirée de trois ballets, allez savoir pourquoi (probablement parce que c’est plus court ?). Mais comme moi, je ne peux pas blairer la scene des Ombres de La Bayadere — je sais, je suis très “politiquement incorrecte” —, la scene la plus naze de la danse classique (que pourtant j’adore), j’ai prefere aller voir Le Corsaire et Spartacus.

Si un seul balletomane voit cet article, je vais me faire taper sur les doigts très fort pour avoir offense la scene des Ombres, je repete donc que c’est totalement subjectif et n’engage que moi !

Le Corsaire : ma critique

Selon la vieille habitude russe, on n’annonce jamais officiellement qui va danser quel soir, on est donc oblige d’avoir recours a des forums (car tout se sait). Ceci dit, presque toutes les représentations sont completes, et cela risque d’etre difficile de choisir vos dates !

Personnellement, je n’ai pas ete epoustouflée, ni par Matvienko, ni par Lounkina (d’ailleurs, j’ai trouve que le public a ete un peu froid). Mes preferes restent Svetlana Zakharova (qui fait aussi partie de la tournee) et Igor Zelensky.

Direction musicale decevante

J’ai ete un peu decue par la direction musicale de Pavel Klinichev. L’orchestre Colonne jouait ce soir-la, de maniere assez relachee, il faut dire… Clairement, ils doivent penser que, puisque c’est un ballet, les spectateurs ne vont pas entendre les fausses notes. Il prenait des tempi tellement lents que le ballet en devenait lourd, chaque pas pesait…

Classique vs contemporain : une réflexion de balletomane

De facon générale, je commence a remarquer qu’avec l’age (et l’experience ?) je suis beaucoup plus sensible a la danse contemporaine, et n’apprecie la danse classique que quand elle est servie par des interpretes vraiment exceptionnels, sinon je trouve ca ennuyeux.

Qui l’aurait cru ? Mais c’est peut-etre le cours normal des choses : enfant, on est fascine par les costumes, les décors, la danse en général, et puis on en a tellement vu qu’on commence a chipoter. Une sorte de deformation professionnelle de balletomane ?

Et Spartacus ?

Je n’ai jamais vu Spartacus, donc j’y vais vraiment par curiosite. Si vous y allez pour Le Corsaire, essayez de voir Zakharova, une des meilleures ballerines en ce moment.

La suite de la tournee (Spartacus) est décrite ici.

Bolchoi contre Mariinsky : une rivalité centenaire

Pour bien comprendre les enjeux esthetiques de cette tournee, il faut connaitre la rivalite historique entre les deux grandes écoles du ballet russe. Dans les années 1870, le Bolchoi n’etait pas encore la scene prestigieuse qu’il deviendra au XXe siecle : les spectacles moscovites souffraient franchement de la comparaison avec ceux du théâtre Mariinsky de Saint-Petersbourg, alors reference incontestee. La situation s’inverse au cours du XXe siecle : le théâtre de Moscou devient, bien plus que son rival petersbourgeois, l’epicentre d’une foisonnante creation soviétique — c’est dans ce contexte que naissent des oeuvres comme Spartacus.

Les deux écoles ont aussi developpe des styles distincts et reconnaissables. Le Bolchoi cultive une danse vive, energique, enlevee, ajoutant a l’intensite dramatique une puissance quasi athletique. Le Mariinsky, lui, privilegie une esthetique plus epuree et raffinee, un travail plus intériorise sur le lyrisme et l’emotion contenue. Ces differences, nees de traditions pedagogiques distinctes (l’Academie Vaganova a Saint-Petersbourg pour le Mariinsky), tendent a s’estomper depuis l’ouverture de la Russie sur l’Occident post-1991 — les danseurs circulant desormais plus librement entre les deux compagnies, comme le montre justement le parcours de Svetlana Zakharova, passee du Mariinsky au Bolchoi en 2003.

Un retour attendu après quatre ans d’absence

Ce qu’il faut savoir sur cette tournée de janvier 2008 : c’était le grand retour du Bolchoi à l’opéra Garnier après quatre ans d’absence. La dernière visite parisienne remontait à 2004, et l’attente du public balletomane était réelle — d’où les représentations quasi completes que j’évoquais plus haut.

Autre fait marquant de cette édition : le choix du Corsaire n’était pas anodin. La production presentee a Garnier était une reconstruction menee par Alexeï Ratmanski, alors directeur artistique du ballet du Bolchoi, qui s’était appuyé sur la version choregraphique de Marius Petipa de 1899 pour restituer un Corsaire au plus proche de la tradition. Ratmanski, qui a depuis fait carriere aux États-Unis (American Ballet Theatre, puis New York City Ballet), etait a l’époque l’une des figures les plus respectees de la choregraphie russe contemporaine — sa demarche de reconstruction historique tranchait avec les productions plus liberement adaptees que l’on voit parfois dans ce répertoire.

Zakharova et Zelensky : deux etoiles, deux écoles

Quand j’écrivais plus haut préférer Svetlana Zakharova et Igor Zelensky a Matvienko et Lounkina, ce n’était pas un hasard de casting. Les deux danseurs partagent une histoire commune : formes tous deux a l’Academie Vaganova de Saint-Petersbourg, ils ont debute ensemble au Ballet Mariinsky, ou Zelensky fut l’un des partenaires reguliers de Zakharova des sa promotion au rang de danseuse etoile en 1997, a seulement 18 ans.

Zakharova a ensuite quitte le Mariinsky en 2003 pour rejoindre le Bolchoi comme etoile — un transfert rare entre les deux plus grandes compagnies russes, qui cultivent des styles distincts (le Mariinsky plus academique et epure, le Bolchoi plus athletique et theatral, cf plus bas). Zelensky, de son cote, est reste une figure internationale recherchee, invite regulierement par le New York City Ballet et le Royal Ballet de Londres. Cette double formation Mariinsky, puis carriere partagee entre les deux écoles, explique sans doute pourquoi leur duo degageait, ce soir-la, une musicalite differente de celle des danseurs purement “maison” du Bolchoi.

Le Bolchoi en tournee

Les tournees du Bolchoi a Paris continuent de faire salle comble. La compagnie reste l’une des plus prestigieuses au monde, portee par des etoiles comme Olga Smirnova (qui a depuis rejoint le Dutch National Ballet), Svetlana Zakharova ou Artemy Belyakov. L’opéra Garnier demeure l’ecrin privilegie de ces tournees, creant un pont culturel entre Moscou et Paris qui perdure depuis des décennies — un pont dont cette soiree de janvier 2008, avec ses imperfections et ses fulgurances, n’aura ete qu’un chapitre parmi tant d’autres.

Depuis cette époque dorée, la relation entre Paris et la scène russe n’a jamais faibli — retrouvez notre dossier 2026 sur l’opéra et le ballet russes à Paris pour l’état des lieux actuel.

Le Corsaire : un ballet-mosaïque à l’histoire mouvementée

Il faut dire un mot sur Le Corsaire lui-même, tant ce ballet est particulier dans le répertoire classique. Contrairement a Giselle ou au Lac des cygnes, il n’existe pas de version “definitive” du Corsaire : c’est un assemblage de morceaux de bravoure accumules au fil de plus d’un siecle de reprises, remaniements et ajouts de choregraphes successifs. La version que le Bolchoi a presentee a Garnier en 2008 — reconstruite par Alexeï Ratmanski d’après les notes choregraphiques de Marius Petipa datant de 1899 — tentait justement de retrouver une coherence perdue au fil des décennies de bricolage scenique.

L’intrigue elle-même, tiree très librement du poeme de Lord Byron, tient en quelques lignes : un pirate romantique, une esclave enlevee, un marche aux esclaves, un naufrage final. Personne ne va voir Le Corsaire pour son livret — on y va pour le pas de deux du jardin anime, ce morceau de bravoure technique que tout danseur etoile reve d’interpreter, et pour la succession de variations qui permettent a chaque soliste de briller. Le célèbre “Pas de deux du Corsaire”, aujourd’hui l’un des extraits les plus donnes en gala dans le monde entier, a d’ailleurs ete ajoute specifiquement pour la reprise de Petipa en 1899, compose par Riccardo Drigo pour mettre en valeur la ballerine etoile de l’epoque, Pierina Legnani — celle-la meme qui popularisa au Mariinsky la sequence des 32 fouettes, devenue depuis un test technique incontournable pour toute Odette-Odile du Lac des cygnes.

Pourquoi le Bolchoi ne joue jamais a Bastille

J’evoquais en debut d’article cette tradition tacite : le Bolchoi ne se produit qu’a l’opéra Garnier, jamais a Bastille. Ce choix n’est pas qu’une question de prestige architectural (même si le decor a l’italienne de Garnier, avec son plafond de Chagall, convient sans doute mieux a l’esthetique du ballet classique que la modernite de Bastille). C’est aussi une question d’echelle et d’intimite : la salle de Garnier, avec ses 1900 places contre plus de 2700 a Bastille, cree un rapport de proximite avec la scene qui sied particulierement au ballet, ou l’on veut voir les visages, les expressions, le detail du travail des pieds.

Cette tradition s’est maintenue tournee après tournee, y compris pour les visites ulterieures du Bolchoi comme du Mariinsky. Bastille reste, dans l’imaginaire des compagnies russes en tournee, la salle de l’opéra lyrique et de la creation contemporaine ; Garnier, celle du ballet et de la tradition. Meme les productions les plus audacieuses de Grigorovitch ou de Ratmanski, quand elles voyagent jusqu’a Paris, n’ont ainsi jamais derogé a cette regle non ecrite qui associe chaque salle a un repertoire specifique.

Garnier et le ballet russe : une histoire centenaire avant même le Bolchoi

Pour comprendre pourquoi le ballet russe se sent si naturellement chez lui a l’opéra Garnier, il faut remonter bien avant la première tournee du Bolchoi. Tout commence le 19 mai 1909, au Théâtre du Châtelet, quand Serge Diaghilev presente pour la première fois ses Ballets Russes au public parisien. Diaghilev avait prepare le terrain avec soin : une exposition d’art russe en 1906, des concerts consacres a Rimski-Korsakov, Rachmaninov et Scriabine en 1907, puis une production de Boris Godounov de Moussorgski a l’opéra de Paris en 1908 avec le célèbre Fiodor Chaliapine. La saison 1909 des Ballets Russes, avec ses decors et costumes eblouissants signes Bakst et Benois, ses choregraphies de Nijinski et la musique de Stravinsky, provoque un choc esthetique dans tout Paris — Proust lui-meme parlera de cette “prodigieuse floraison” qui a marque, pour l’art du ballet, un tournant decisif.

Cet heritage Diaghilev explique en partie pourquoi Garnier — et non Bastille — reste, un siecle plus tard, la salle naturelle du ballet russe a Paris. Le plafond peint par Marc Chagall, inaugure en 1964 sous l’impulsion du ministre André Malraux, rend d’ailleurs hommage a quatorze compositeurs majeurs du répertoire de l’opéra, dont trois figures de l’école russe restees longtemps meconnues en France jusqu’a l’epoque de Diaghilev. Danser sous ce plafond, pour une compagnie russe en tournee, c’est donc aussi danser sous le regard d’un heritage esthetique qui les concerne directement.

Toutes les tournées du Bolchoï à Paris : un historique bref

Sur les scènes parisiennes, le Bolchoï n’a jamais été un habitué régulier au cours des XXe et XXIe siècles, contrairement à d’autres compagnies internationales. L’aura de cette institution russe est immense, mais ses apparitions dans la capitale française ont toujours été des événements rares et très attendus, marquant des moments précis dans le calendrier culturel. Si l’article que vous lisez se concentre sur une soirée particulière de janvier 2008, il est utile de replacer cette performance dans le contexte plus large des venues du Bolchoï à Paris. Loin d’une présence continue, l’historique de leurs tournées révèle une série de passages espacés, chacun porteur d’une signification propre.

La tournée de janvier 2008, qui nous intéresse particulièrement ici, marquait un retour significatif pour la compagnie. Elle se produisait à l’Opéra de Paris après une absence de quatre années, soulignant déjà la rareté de ces échanges. Ce passage s’inscrivait dans le cadre prestigieux de l’Année France-Russie, un événement diplomatique et culturel majeur. Pour l’occasion, le Bolchoï proposait un programme varié. Outre les ballets tels que Le Corsaire, la soirée de trois ballets ou Spartacus qui sont détaillés ailleurs dans cet article, la compagnie avait également présenté d’autres œuvres emblématiques. En effet, lors de ce même séjour parisien de janvier 2008, le public a eu la chance de découvrir un double programme composé de Flammes de Paris et de Don Quichotte. Cette diversité de l’offre témoignait de la richesse de son répertoire et de sa volonté de présenter un panorama complet de son excellence artistique. Il est également important de noter, comme c’est la règle pour toutes leurs venues, que ces représentations ont eu lieu à l’Opéra Garnier, la scène historique de la danse parisienne, le Bolchoï ne s’étant jamais produit à l’Opéra Bastille.

Après ce retour remarqué en 2008, il a fallu attendre quelques années avant de revoir la troupe du Bolchoï fouler les planches parisiennes. La compagnie est revenue en 2011, offrant une nouvelle occasion au public français d’apprécier son talent et sa tradition. Ces passages, bien que espacés, constituaient à chaque fois des rendez-vous majeurs pour les amateurs de ballet classique et contemporain.

La tournée suivante, et la dernière documentée à ce jour, a eu lieu au tout début du mois de janvier 2014. Ce passage au Palais Garnier a été l’occasion de découvrir une œuvre plus contemporaine mais déjà emblématique du répertoire de la compagnie : Illusions perdues. Ce ballet, chorégraphié par Alexei Ratmansky, avait été créé à Moscou en avril 2011, et sa présentation à Paris témoignait de la vitalité créative du Bolchoï, au-delà de ses grands classiques. La date de ce passage en tout début janvier 2014 est rapportée de façon concordante par plusieurs sources spécialisées en danse, même si elle n’a pas été confirmée officiellement par l’Opéra de Paris. Cela n’enlève rien à l’importance de cet événement, qui fut le dernier contact direct du public parisien avec la prestigieuse compagnie russe pendant une longue période.

En effet, depuis cette série de représentations en janvier 2014, aucune tournée documentée du Bolchoï n’a eu lieu à Paris entre 2014 et 2026. Cette absence prolongée mérite d’être soulignée. En l’espace de quinze ans, le Bolchoï s’est produit à Paris à trois reprises seulement (2008, 2011, 2014), puis plus aucune venue n’a été enregistrée. Cette faible fréquence des tournées, bien avant les événements de 2022, révèle que l’absence actuelle de la compagnie sur les scènes parisiennes n’est pas uniquement le fruit d’une rupture brutale liée à des circonstances récentes. La rareté de leurs passages était déjà une constante historique. Le Bolchoï, malgré son prestige, n’a jamais été un invité annuel ou biennal des théâtres parisiens. Chaque venue était un événement exceptionnel, et leur absence prolongée depuis 2014 s’inscrit dans cette logique d’apparitions sporadiques plutôt que de présence régulière.

Cet historique succinct des tournées du Bolchoï à Paris permet de mieux comprendre la valeur de chaque représentation et la rareté de ces moments privilégiés. Pour une exploration plus approfondie de l’histoire du ballet russe à Paris, avec la défection de Noureïev, la rivalité Bolchoï-Mariinski et le point complet sur la situation actuelle, voyez notre dossier 2026 sur le Bolchoï et le ballet russe à Paris.

Ce que cette tournée de 2008 annonçait

Avec le recul, cette tournée de janvier 2008 s’inscrit dans une période où les échanges culturels russo-français en matière de danse classique étaient encore réguliers et non questionnés politiquement. Rien ne laissait presager qu’une quinzaine d’années plus tard, ces tournées deviendraient un sujet sensible. Le Bolchoi reviendra encore plusieurs fois a Garnier dans la décennie suivante — mais 2022 marquera un coup d’arret brutal a cette tradition centenaire, comme nous le detaillons dans notre dossier consacre a l’histoire complete du ballet russe a Paris.

Pour prolonger cette découverte du spectacle vivant russe, voyez aussi notre guide des églises orthodoxes russes à Paris et son éclairage sur le patrimoine de la diaspora.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Théâtre Bolchoi ?

Le théâtre Bolchoi (qui signifie 'Grand théâtre' en russe) est le plus célèbre théâtre de Moscou et l'un des plus prestigieux au monde. fondé en 1776, il abrite une compagnie de ballet et d'opéra. Le ballet du Bolchoi est repute pour sa virtuosité technique et ses mises en scene grandioses. La troupe effectue régulièrement des tournees internationales.

Qu'est-ce que Le Corsaire en ballet ?

Le Corsaire est un ballet en trois actes inspiré du poeme de Lord Byron. La version la plus connue est celle de Marius Petipa (1899) pour le théâtre Mariinsky. C'est un grand spectacle classique avec des tutus, des pirates a la fausse barbe et des morceaux de bravoure techniques. Le pas de deux du jardin anime est l'un des extraits les plus célèbres du répertoire classique.

Le Bolchoi vient-il souvent a Paris ?

Oui, la tournee du Bolchoi a l'opéra Garnier est devenue traditionnelle. Tous les deux-trois ans, la troupe du Bolchoi occupe la scene de Garnier pendant presque un mois en amenant trois spectacles. Le Bolchoi ne vient jamais a l'opéra Bastille, uniquement a Garnier, comme le veut la tradition russe.