La Guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols

La Guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols

En deux mots. Un film insipide malgré des dialogues plutôt drôles et le jeu percutant de Philip Seymour Hoffman.

Voilà le résultat direct du manque de salles de cinéma à New York: je suis allée voir La guerre selon Charlie Wilson. Mais quelle mouche m’a piquée! L’idée principale du film est d’allier la “topicality” au “entertainment”, deux concepts difficiles à traduire en français (on dirait, du contenu et du divertissement, mais c’est approximatif: en gros, le message des créateurs du film c’est: “On vous a fait réfléchir, mais vous vous êtes aussi amusés”).

L’histoire se passe au début des années 80. Trois personnages - Charlie Wilson (Tom Hanks), le délégué du Deuxième District du Texas, Joanne Herring (Julia Roberts), une richissime mondaine qui ne rêve que de la chute du communisme, et Gust Avrakotos (Philip Seymour Hofman), un agent de la CIA sous-estimé - vont permettre à l’Afghanistan de combattre les Soviétiques en nouant une alliance improbable entre l’Egypte, l’Israël et le Pakistan pour leur fournir les armes (qui, d’ailleurs, ont probablement atterri dans les mains d’Al-Qaïda quelques années plus tard), grâce à des fonds alloués par le ministère de la Défense. Inspiré d’une histoire vraie.

Je tiens à préciser que ce n’est pas parce que je suis russe que je n’ai pas aimé ce film (même si je trouve d’un assez mauvais goût les phrases du genre “Let’s kill some Russians!!!” prononcées sur un ton joyeux). Simplement, c’est un film qui fait croire au grand public qu’il parie sur leur intelligence, alors qu’il n’en est rien et qu’on est encore pris pour des ânes (qu’on ne peut faire “réfléchir” grâce à la “carotte” - les blagues - dans la direction voulue).

Ce que dit le film, au fond, c’est qu’il y a des lacunes dans le processus de prise de décision américain si énormes, qu’un type comme Charlie Wilson peut en profiter pour obtenir des disaines de millions de dollars pour envoyer des armes en Afghanistan. D’ailleurs, on le note aussi dans la success story de Charlie Wilson lui-même, qui confesse être tombé amoureux de l’Amérique lorsqu’il a réussi à manipuler des électeurs (NB noirs). Tout le film tient debout grâce à cette hyper-simplification de l’histoire, ou tout est bien qui finit bien et où tous les moyens sont bons pour atteindre le but désiré. Imaginez ce qui sort de ce genre de “decision making” lorsque c’est appliqué à des causes peu nobles.

Les acteurs: le seul à être vraiment digne d’admiration ici, c’est Philip Seymour Hofman, terrifiant et drôlissime; ces répliques très peu politiquement correctes font mouche, et sauvent le film du désastre. Il se transforme néanmoins en une parade du star-system. Il signe, entre autres, le retour de Julia Roberts sur les écrans (après une interruption de 3 ans) qui, malheureusement, ne m’a pas paru convaincant… Elle est affublée d’une coiffure idiotes et des costumes qui vont avec, et a l’air si vieille qu’on la prendrait pour Barbara Cartland. Pour ce qui est du jeu, eh bien, vous l’aurez deviné, c’est du Julia Roberts classique. Tom Hanks a toujours l’humour aussi charmeur, même si son visage paraît parfois momifié. Si l’on ne laissait de ce film que les blagues et les acteurs, cela pourrait passer pour du bon divertissement. Mais ajoutez-y un scénario naïf et des dialogues bancals, et le tout tombe à l’eau!

Faut-il voir ce film? Eh bien, après tout le bien que j’en ai dit, j’aurais du mal à faire l’avocat du diable. Pour moi, La Guerre selon Charlie Wilson est un anachronisme, un film de l’époque de la guerre froide où l’on a oublié de rajouter des nuances entre le blanc et le noir. Vous ne vous ennuierez certes pas (un critère qui compte pour beaucoup d’entre nous), et peut-être, si vous aimez les ouvrages “Pour les nuls”, cet opus de “Géopolitique pour les nuls” vous ravira, qui sait! Avis cependant aux fans de Philip Seymour Hofman, ne le manquez pas dans ce rôle! (peut-être en DVD…)

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