Un ballet-signature du Bolchoi
Carlos Acosta dans Spartacus
Il s’agit d’un ballet-signature du Bolchoi, un peplum cree en 1968 par le choregraphe attire du Bolchoi, Youri Grigorovitch (il n’a quitte son poste qu’en 1995 !), sur la musique d’Aram Khatchaturian.
Si vous vous souvenez de l’histoire de Spartacus, c’est le recit de la revolte des esclaves en 73 av. J.-C., qui tourne mal (6 000 esclaves crucifies…). Le sujet est en effet tres communiste, mais dans le contexte actuel, ce sont surtout des relents d’Asterix et Obelix meles au Gladiator que l’on ressent. La musique de Khatchaturian est efficace mais sans finesse — au bout de 40 minutes, on en a un peu fait le tour.
La danse : entre classique et revolution
En 1968, il s’agissait effectivement d’une revolution pour le Bolchoi. Cependant, de mon point de vue, la base reste assez classique : des esclaves sur pointes et Spartacus qui fait des fouettes, j’ai du mal… meme si je reconnais que certains passages sont vraiment tres beaux, et notamment ceux de Phrygia (dansee par Lunkina).

J’aurais bien aime assister a la representation avec Carlos Acosta, le danseur cubain presque mythique. En tout cas, le spectacle donne surtout envie de voir un autre choregraphe aborder cette musique, sans pointes, avec une danse contemporaine energique — je pense notamment a la troupe d’Alvin Ailey — quelque chose qui serait plus proche du Sacre du Printemps que des « faux pirates » du Corsaire. L’art russe a toujours su se reinventer entre tradition et modernite.
Astuces pour les tournees du Bolchoi
Lors du prochain passage du Bolchoi a Paris, mettez en oeuvre la tactique suivante :
-
Prenez-vous y tres a l’avance (un mois avant peut etre trop tard).
-
Consultez la distribution avant d’acheter : lors des tournees, elle n’est jamais officielle, mais vous la trouverez sur des forums comme Dansomanie ou Critical Dance.
-
Certains achetent des billets pour toutes les representations, puis ne gardent que les bons (tres facile a revendre sur les forums ou eBay).
-
Achetez de bonnes places (a partir de 30 euros a Garnier). Pour un opera, la « visibilite reduite » ne gene pas trop, mais le ballet en souffre enormement.
-
Personnellement, je prefere etre pres de la scene, meme de cote (l’impact de l’effort physique des danseurs s’y ressent vraiment). D’autres preferent le centre pour apprecier la geometrie des ensembles.
Les tournees du Bolchoi a Paris restent des evenements rares et prises, a ne pas manquer pour les amateurs de culture russe a Paris.