Le cadre et l’ambiance
Le quartier entre Pasteur et Convention dans le 15e arrondissement regorge de bonnes surprises gastronomiques. Quand un nouveau restaurant ouvre ses portes pres du parc Georges Brassens, la curiosite s’impose !
Certes, le coin est “un peu paume” — il n’y a que le bus, et la Prefecture toute proche n’est pas exactement le point le plus anime le soir. Mais un bon restaurant qui accepte votre reservation “vers 21h-21h30” passee a 20h48 un samedi soir, ca vaut le deplacement !
Les Comperes etait tout nouveau : les clients encore peu nombreux, le service tres (voire trop) decontracte. La serveuse ne connaissait ni la carte des vins (“Le Corbieres, on ne sait pas d’ou ca vient”), ni la carte elle-meme (“La pannacotta, il y a 4 saveurs, alors la je crois que c’est du caramel, du chocolat, des fruits rouges, et puis ca je sais pas, vous me direz”). Des debuts qui ne manquaient pas de charme !
Ce qu’on a mange
Les plats, en revanche, etaient a la hauteur :
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Salade aux tomates confites, artichauts marines, asperges vertes et oeuf “Herve This” — une sorte d’oeuf mollet vraiment tres bon, juste un tout petit peu trop d’huile
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Selle d’agneau au gratin dauphinois — viande goutue et a la cuisson parfaite, rosee comme demande, avec un gratin a se lecher les doigts
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Filet de bar aux petits legumes — parfait, avec des produits de qualite et une realisation maitrisee
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Pannacotta en quatre verrines — caramel, chocolat, fruits rouges et miel. Texture un peu trop riche, proche d’une creme brulee, mais delicieuse
Rien a redire sur les plats : les produits sont tres bons et la realisation, maitrisee. C’est bien connu, des produits de qualite, c’est deja la moitie de la reussite d’un plat !
Le verdict
Une tres bonne adresse de quartier aux prix raisonnables, qui merite d’etre connue des voisins, peut-etre davantage pour un dejeuner ensoleille ou un diner decontracte.

— Une Russe a Paris
Il ne manquait plus qu’un service un peu plus aguerri et une selection de vins au verre etendue pour que ce soit parfait.
Informations pratiques

| Detail | Information |
|---|---|
| Restaurant | Les Comperes |
| Adresse | 32 rue Dantzig (angle rue des Morillons), 75015 Paris |
| Telephone | 01 45 33 72 71 |
| Metro | Convention |
| Budget | Formule dejeuner 12 € / A la carte 20-30 € |
| Note | ★★★★☆ (4/5) |
Le charme du 15e arrondissement
Le 15e arrondissement est le Paris que les touristes ne voient jamais — et c’est tant mieux. Pas de monuments célèbres (à part la Tour Eiffel, qu’on voit de loin), pas de boutiques de luxe, pas de files d’attente. Juste un quartier résidentiel, vivant, authentique, avec ses marchés de quartier, ses parcs ombragés et ses bistrots où l’on mange bien sans se ruiner.
Les Compères incarnent parfaitement cet esprit. C’est un restaurant pour les habitants, pas pour les guides touristiques. Le patron connaît ses clients par leur prénom, la carte change avec les saisons, et le menu du jour est toujours une bonne affaire.
Le parc Georges Brassens : l’écrin secret
Le restaurant est situé près du parc Georges Brassens — l’un des plus charmants et des plus méconnus de Paris. Installé sur l’ancien site des abattoirs de Vaugirard, ce parc allie espaces verts, vignes (oui, il y a des vignes dans le 15e !) et un marché du livre ancien sous les halles métalliques chaque samedi.
Mon conseil : déjeunez chez Les Compères, puis promenez-vous dans le parc. En automne, les couleurs sont splendides. Au printemps, les cerisiers en fleur rivalisent avec ceux du Jardin du Luxembourg.
La cuisine de bistrot : un patrimoine en danger
Les bistrots de quartier comme Les Compères sont un patrimoine menacé. La hausse des loyers, la concurrence des chaînes de restauration rapide et l’évolution des habitudes alimentaires fragilisent ces établissements qui sont l’âme de Paris. Chaque année, des dizaines de bistrots ferment — remplacés par des agences immobilières ou des boutiques de téléphonie.
C’est pourquoi il est important de soutenir ces adresses quand on les découvre. En Russie, la culture du restaurant de quartier n’existait pas avant les années 2000 — on avait soit les cantines d’État, soit les restaurants d’hôtel hors de prix. Découvrir les bistrots parisiens a été l’une de mes plus belles surprises d’expatriée.
Pour d’autres adresses dans le 15e, consultez ma critique du Grand Pan et du Dix Vins. Et pour découvrir la gastronomie russe à Paris, ne manquez pas la Table Russe — mon restaurant russe préféré.
Le menu du marche : la bonne surprise
Chez Les Comperes, le menu du marche est toujours le meilleur choix. Pour environ 16 euros (entree + plat ou plat + dessert), vous avez une cuisine fraiche, preparee le jour meme avec les produits achetes au marche de la Convention tout proche.
C’est un concept simple mais qui demande un vrai savoir-faire. Le chef doit s’adapter chaque jour aux arrivages, improviser avec ce qu’il trouve, et pourtant garantir une qualite constante. C’est l’exact oppose de la restauration industrielle — et c’est pourquoi les bistrots de quartier comme Les Comperes sont irremplacables.
Le Paris des habitues
Il y a deux Paris : celui des touristes et celui des habitues. Chez Les Comperes, on est resolument dans le Paris des habitues. Les clients se connaissent, se saluent, echangent des nouvelles. Le patron sait que Monsieur Dupont prend toujours un cafe sans sucre et que Madame Martin prefere la table pres de la fenetre.
Cette convivialite est le plus beau cadeau que Paris m’ait fait. En Russie, la culture du restaurant est plus formelle — on s’habille, on reserve, on reste entre soi. A Paris, le bistrot de quartier est un espace democratique ou tout le monde se melange. C’est peut-etre l’expression la plus pure de la devise republicaine : liberte, egalite, fraternite… devant une entrecote-frites.