Le projet : un chef etoile a l’opéra
C’est desormais officiel : le chef lyonnais Nicolas Le Bec, deux etoiles au Guide Michelin et 18/20 au Gault & Millau, va ouvrir un restaurant gastronomique au sein même de l’opéra Garnier. Le projet prevoit une carte de haute cuisine dans un cadre exceptionnel, les salons historiques du Palais Garnier.
L’initiative s’inscrit dans une tendance plus large de l’opéra national de Paris, qui cherche a diversifier ses sources de revenus et a rendre le lieu vivant en dehors des seules représentations. Mais cette annonce n’a pas manque de faire reagir.
La polemique : luxe vs. democratisation
Le debat est vif. D’un cote, les partisans du projet y voient une occasion de faire découvrir l’opéra Garnier a un public qui ne viendrait pas necessairement pour un spectacle. De l’autre, les critiques denoncent une elitisation supplementaire d’un lieu qui devrait rester accessible a tous.
Quand on parle de democratiser l’opéra, on imagine mal que cela passe par l’installation d’un restaurant ou le menu avoisine le prix d’une place de première categorie.
Car le paradoxe est la : comment concilier la vocation populaire de la culture avec un restaurant gastronomique haut de gamme ? L’opéra de Paris, subventionne par l’État, a vocation a accueillir le plus grand nombre. Un restaurant de luxe dans ses murs envoie un signal contradictoire.
Des precedents a Paris
Le restaurant de l’opéra Garnier n’est pas le premier a s’installer dans un lieu culturel parisien. La tendance est déjà bien implantee :
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Les Ombres, restaurant gastronomique sur le toit du musée du Quai Branly, avec vue sur la Tour Eiffel
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Cafe Marly, sous les arcades du Louvre, face a la pyramide de Pei
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Georges, au dernier etage du Centre Pompidou, design contemporain et panorama sur Paris
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Tokyo Eat, au Palais de Tokyo, ambiance branchee et cuisine creative
Tous ces lieux ont un point commun : ils jouent sur le prestige de l’institution culturelle pour justifier des tarifs élevés. Mais ils ont aussi contribue a faire vivre ces musées au-dela de leurs heures d’ouverture classiques.
L’opéra a New York : un autre modèle
La comparaison avec le Metropolitan opéra de New York est eclairante. Au Met, le Grand Tier Restaurant offre une experience gastronomique liee a la soirée d’opéra, avec un service cale sur les entractes. Mais en dehors du restaurant, les spectateurs non abonnes au diner n’ont nulle part ou s’asseoir pendant l’intermission — ils errent dans les couloirs, coupe de champagne a la main.
A Paris, la tradition de l’entracte est différente : le bar de l’opéra, la promenade dans les espaces somptueux du Palais Garnier font partie du rituel. L’ajout d’un restaurant gastronomique transforme potentiellement ce rituel en une experience a deux vitesses.
Le plaisir de manger a Paris
Paris est sans doute la ville au monde ou l’on mange le mieux — a condition de savoir ou aller. Les touristes se font pieger par les restaurants des grands boulevards, mais les vrais Parisiens connaissent les adresses de quartier, les bistrots discrets, les cantines ou le patron cuisine comme chez lui.
Ce que j’aime dans la gastronomie parisienne, c’est sa diversite. En une semaine, on peut manger japonais a opéra, libanais dans le Marais, italien a Oberkampf, thai dans le 13e et français dans le 15e — sans jamais quitter Paris. C’est un voyage culinaire permanent, et chaque repas est une découverte.
En Russie, la scene gastronomique a explose ces dernières annees — Moscou et Saint-Petersbourg rivalisent avec les grandes capitales europeennes. Mais Paris garde une avance : celle de la tradition, du savoir-faire transmis de génération en génération, et de ces bistrots de quartier ou l’on mange bien depuis cinquante ans. Pour d’autres adresses, consultez mes bonnes adresses parisiennes.