(Ciné) Sparrow de Johnnie To: un bijou de l'humour asiatique

D'habitude, on attend des films asiatiques des règlements de comptes sanglants ou bien des histoires d'amour délicates et comme suspendues dans le temps. Si on peut contester l'exaustivité de cette mini-liste, on peut en revanche affirmer avec plus...
(Ciné) Sparrow de Johnnie To: un bijou de l'humour asiatique

D’habitude, on attend des films asiatiques des règlements de comptes sanglants ou bien des histoires d’amour délicates et comme suspendues dans le temps. Si on peut contester l’exaustivité de cette mini-liste, on peut en revanche affirmer avec plus de certitude ce qu’on attend le moins d’un film asiatique: de l’humour. Sparrow, le dernier film de Johnnie To est en ce sens un vrai ovni du cinéma asiatique, un film léger et drôle où les comptes se règlent sans verser une goutte de sang et où la seule vraie histoire d’amour, c’est celle entre Johnnie To et la ville de Hong Kong, embrumée et pluvieuse - tout le reste n’est qu’une partie de poker menteur.

L’histoire. Si on veut la résumer en deux mots, c’est celle de l’arroseur arrosé. Quatre frères-pickpockets travaillent paisiblement dans un quartier de Hong Kong quand, tout à coup, leur vie est perturbée par l’apparition d’une très jolie jeune fille qui leur demande de l’aider. S’en suit une aventure succulente à la limite de l’absurde. Qui escroque qui?

—bande-annonce—

La réalisation, très stylisée, donne de l’élan à cette histoire inhabituelle pour le cinéma asiatique mais bien connue du cinéma occidental (voir “L’arroseur arrosé” des frères Lumières (1896) ici, sans parler des films de Lubitsch, par exemple). La mise en scène rétro, ponctuée par des photos noir&blanc à nous rendre nostalgiques, est tout simplement brillante. Découvrir Hong Kong à vélo, à la poursuite d’une jolie fille, un appareil photo à la main, qu’y a-t-il de plus réjouissant?

Le casting est particulièrement réussi, avec quatre personnages très différents et attachants (dont Simon Yam, un habitué des films de Johnnie To). On y retrouve aussi Kelly Lin (que vous avez peut-être aperçue dans Boarding Gate d’Olivier Assayas), parfaite! Cela fait longtemps qu’on n’a pas vu une fille courir dans la rue avec autant de sens. (oui oui, j’ai bien dit ce que je voulais dire).

La bande-son est la pierre angulaire qui fait tenir l’ensemble de l’édifice (très bien monté par ailleurs). Créée par un compositeur français, Xavier Jamaux (né en 1968), elle se veut ancrée dans les comédies américaines des années 1960, et se base sur la mélodique chinoise à la fois bien jazzy à l’européenne - “easy chic” comme la qualifie l’auteur. En tout cas, elle accompagne le film avec un naturel et un humour que l’on a vite envie de retrouver à la sortie de la salle! Vous pouvez en entendre quelques morceaux sur le site d’Amazon (cliquez sur l’image à droite, puis, dans la tracklist, sur “Ecouter tous les morceaux).

Ruelle de Hong Kong avec néons, atmosphère de film noir asiatique

Faut-il aller voir ce film? Absolument! Non seulement parce qu’il n’y a pratiquement plus rien à voir parmi les nouvelles sorties, mais simplement parce que c’est un très bon film qui vous fera découvrir une nouvelle facette du cinéma asiatique. Au fait, “sparrow”, ça veut dire “moineau”.

Le cinéma hongkongais, une passion méconnue

Le cinéma hongkongais est l’un des trésors les plus sous-estimés du 7e art. Derrière les films de kung-fu que tout le monde connaît, il existe une tradition cinématographique d’une richesse incroyable : des polars élégants, des drames sociaux poignants, des comédies sophistiquées.

Johnnie To est l’un des maîtres de ce cinéma. Sparrow est peut-être son film le plus accessible : une comédie romantique déguisée en film de pickpockets, filmée avec une élégance visuelle qui rappelle les meilleurs films français des années 60. Chaque plan est composé comme un tableau, chaque scène de vol à la tire est chorégraphiée comme un ballet.

Ce film m’a rappelé pourquoi j’aime le cinéma : pas pour les explosions et les effets spéciaux, mais pour la beauté du geste, l’élégance du mouvement, la poésie de l’image. C’est un film qui se savoure lentement, comme un bon thé chinois.

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Questions fréquentes

De quoi parle le film Sparrow de Johnnie To ?

Sparrow de Johnnie To: un bijou de l'humour asiatique est analysé dans cet article avec un regard personnel. D'habitude, on attend des films asiatiques des règlements de comptes sanglants ou bien des histoires d'amour délicates et comme suspendues dans le temps. Si on peut contester l'exaustivité de cette mini-liste, on peut en revanche affirmer avec plus de certitude ce qu'on attend le moins d'un film ...

Quel est l'avis d'Une Russe à Paris sur Sparrow de Johnnie To ?

L'auteure du blog donne une critique sincère et subjective de Sparrow de Johnnie To. Son regard de cinéphile russe vivant à Paris apporte un éclairage original sur ce film, mêlant références culturelles et impressions personnelles.

Qui a réalisé Sparrow de Johnnie To ?

L'article analyse Sparrow de Johnnie To et mentionne Johnnie To. Pour les détails complets du casting et de l'équipe technique, consultez des bases de données comme IMDb ou AlloCiné.

Est-ce que Sparrow de Johnnie To vaut le coup d'être vu ?

L'article offre un avis personnel et nuancé sur Sparrow de Johnnie To. Comme toute critique, c'est un point de vue subjectif qui vous aidera à vous faire votre propre opinion. Le blog Une Russe à Paris est réputé pour ses critiques honnêtes et sans concession.

Où peut-on voir Sparrow de Johnnie To aujourd'hui ?

Sparrow de Johnnie To est généralement disponible en VOD sur les plateformes de streaming comme Amazon Prime Video, Apple TV ou Google Play Films. Vous pouvez aussi le trouver en DVD ou Blu-ray dans les médiathèques parisiennes.