L’histoire
L’affiche du spectacle
Shpritzi (Salima Boutebal), une vieille fille grosse et vulgaire, ne reve que de se marier. Ses parents, Shitz (Bernard Ballet) et Setcha (Anne Benoit), ne revent que de se debarrasser de leur progeniture. Aussi Tchirk (Benoit di Marco) arrive-t-il au point nomme. Mais les relations entre les deux generations sont loin d’etre cordiales : ce sont quatre ogres qui ne cherchent qu’a s’enrichir sur le dos de l’autre avant de le faire crever.
Une satire de la « cellule familiale » sur fond de guerre et de… saucisson, la seule chose qui « retient Shitz a la vie ». Une comedie en chansons.
Une mise en scene au premier degre
Le genre est donne : c’est une comedie en chansons. Mais voila que, justement, la comedie ne fait pas rire… Et ce n’est pas etonnant. Une piece grincante sur les rapports (in)humains, la solitude, la vieillesse et la guerre, Shitz n’est pas une comedie.
Les comediens de Shitz sur scene
Si Hanokh Levin choisit le registre du vulgaire pour en parler, c’est pour mieux nous faire ressentir l’horreur de ce qu’il decrit. Ce vulgaire-la n’est pas a prendre au premier degre. Or, justement, c’est le parti pris de la mise en scene, que le public qui se boyaute comme au theatre de boulevard ressent parfaitement.
Des quatre acteurs, seul Bernard Ballet ressent parfois ce deuxieme degre de la grossierete de Levin. Les autres se contentent d’etre vulgaires. On se sent aussi a l’aise que face a un voisin de table qui rote et qui pete. Et qui chante.
Les chansons : une affliction
S’il fallait une cerise sur le gateau, ce serait celle-ci : les chansons. Si la musique de Philippe Miller est plutot reussie, si les deux musiciens (Virgile Vaugelade au saxophone soprano et Clement Landais a la contrebasse) sont des interpretes de qualite, sensibles a la douceur de la musique klezmer, les acteurs, eux, ne savent tout simplement pas chanter. Les ensembles sont une vraie affliction. Tout est faux — des notes aux intonations.
Le texte
Ne parlant pas hebreu, je ne suis pas capable de comparer la traduction de Laurence Sendrowicz a l’original et ne sais donc qui blamer pour la pauvrete du langage. Les dialogues, et surtout les textes des chansons, sont mal ecrits et donnent l’impression d’un spectacle amateur boucle la veille.

On y ressent de tres lointains echos de Ionesco, mais autant aller voir son excellentissime Jacques ou la soumission qui traite a peu pres du meme sujet.
Verdict
A eviter. Malgre un texte de Hanokh Levin, un des plus grands dramaturges israeliens, cette mise en scene rate le deuxieme degre et se contente d’une vulgarite de premier plan. Le travail de Levin merite mieux.