Le vernissage : un defile de mode involontaire
Les lowboots, babies et twelve paradent, se croisent, se parent de collants colores — violets, rouges, jaunes — puis s’arretent, prennent la pose et repartent en sautillant. Les robes-pull se cachent sous des petits gilets de vison. Yeux fumes et bouches ecarlates, cheveux en l’air contre chignon neglige, les filles se regardent, se visent, s’observent des pieds a la tete avec une fausse indifference.
Un defile de mode ? Non non, tout simplement le vernissage de la FIAC. En plus des oeuvres exposees, on y voyait l’illustration en live des quatre derniers ELLE ainsi que des vingt dernieres annees de la Revue de Chirurgie Esthetique. Et la comedie humaine s’avere souvent plus interessante que l’art contemporain…
« Hermitage » de Thomas Struth (galerie Monica de Cardenas)

Et l’art, dans tout ca ?
A chaque fois que je m’approchais d’un tableau en disant « enfin, ca, c’est vraiment quelque chose de genial ! », cela s’averait etre un Picasso ou, « au pire », un Basquiat. Ce qui ne s’inscrit pas dans l’art le plus contemporain… De facon generale, je serais prete a payer plus pour les chaussures de certaines des filles vues a l’expo que pour 70% des oeuvres exposees !
J’ai tout de meme trouve quelques tres belles photos — Pierre et Gilles chez Jerome de Noirmont, Marina Abramovic chez BeaumontPublic, et celle qui illustre ce blog : « Hermitage » de Thomas Struth (galerie Monica de Cardenas), ou les touristes contemplent un tableau de Leonard avec une expressivite dramatique qui tranche avec leur petit cote ploucos.
« Homme revolutionnaire » de Shirin Neshat

Les galeries marquantes
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Van de Weghe : Picasso, Warhol, Basquiat
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Galerie 303 : Karen Kilimnik et ses tableaux un peu naifs qui vous redonnent la joie de vivre, ne serait-ce que par le fait qu’ils soient figuratifs
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Jerome de Noirmont : Jean-Pierre Raynaud, Shirin Neshat, Valerie Belin
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ShangART : la seule galerie chinoise presente, alors que les artistes chinois explosent sur le marche de l’art mondial
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Marat Guelman : le galeriste moscovite presentait son projet Russian Povera, un regard sur l’art russe contemporain dans toute sa radicalite
La Cour Carree : les bonnes surprises
De retour a la FIAC de jour, j’ai ete stupefaite a quel point les memes oeuvres pouvaient paraitre differentes si la lumiere changeait — il y en avait que je n’avais meme pas remarquees lors du vernissage !
Puis, direction la deuxieme partie de la FIAC a la Cour Carree du Louvre — rien que des bonnes surprises. Le Grand Palais paraissait bien morne face aux creations presentees la, ou l’on retrouvait les plus jeunes des createurs et des galeristes. C’est la que la FIAC trouvait son veritable souffle d’innovation.