Le concept : un musee reve
Une comedie en “vignettes” sur le monde du musee, ca a l’air un peu lourd… et ca peut l’etre, sauf si vous avez un bon sens du deuxieme degre et un amour inconsidere pour l’environnement museal. Comme toutes les comedies qui ont une bonne critique dans Telerama, “Musee haut, musee bas” est a prendre avec des pincettes : fera rire, ne fera pas ?
Le film etait a l’origine une piece de Jean-Michel Ribes qui s’attelle ici a la realisation. Des les premiers plans du generique, surprise : le premier logo a apparaitre est celui de la Warner. Qu’est-ce que la Warner vient faire dans un film francais sur le musee ?
Le musee du film est un lieu reve, un melange du Grand Palais, du Louvre et du Centre Pompidou — des “morceaux” ont ete tournes au Petit Palais, au Louvre, a Guimet, aux musees de l’Architecture et des Beaux-Arts. Ce musee est envahi par les plantes vertes et la nature, donnant lieu a de nombreux effets speciaux et des cris heroiques “Sauvons le musee !” — concentres heureusement dans les dix dernieres minutes du film.
120 roles, un casting de reve
120 roles, tous joues par de grands acteurs — souvent ecrits pour et avec eux — c’est du sur-mesure a la francaise ! Tous avaient adore la piece et ont adhere au projet du film en laissant leur ego au vestiaire. Par les temps individualistes qui courent, cela fait plaisir.
Le film s’eparpille en des dizaines de morceaux kaleidoscopiques a l’esthetique qui n’est pas sans rappeler Quadrille, le premier film de Valerie Lemercier. Les costumes des personnages sont aussi rejouissants que les oeuvres exposees (avec une expo photo au-dela du reel, inauguree par Andre Dussolier en ministre de la Culture qui a garde la veste de Christine Albanel).
Les meilleures vignettes
Comme dans tout film a vignettes, il y en a de bonnes et de moins bonnes. La bonne nouvelle, c’est qu’on n’aime pas toujours les memes ! Mes preferees :
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La guide — un classique du genre, hilarant
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Le choeur “grec” des gardiens, dirige par Fabrice Luchini — un moment de pure jubilation
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L’artiste et son oeuvre autour de sa mere — meme si au debut on est lasse, la culmination de l’histoire vaut le coup
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Le public du vernissage de l’expo-photo — si realiste que c’en est douloureux
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Les ouvriers transportant la Pieta — grand moment de poesie involontaire
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Le tour prive du musee pour les Madones — delicieusement absurde
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Muriel Robin et Kandinsky — un dialogue de sourds magistral
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L’exposition Karl Paulin — la satire de l’art contemporain a son meilleur
Parmi celles qui m’ont vraiment lassee : l’histoire des deux familles Province (celle avec Jugnot, et celle avec le parking Rembrandt). Mais meme dans les histoires lassantes, il y a parfois des perles, comme cette vision de deux “infantes” naines aux robes froufroutantes qui passent dans le parking Velasquez.
Le verdict
Au final, une excellente reflexion sur le musee, les types, les archetypes, les personnages, mais aussi (et surtout !) les oeuvres et leur choix.
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Contre-indique aux gens allergiques a l’absurde
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Conseille aux spectateurs ayant fait Histoire de l’art, Museologie ou Mediation culturelle, ainsi qu’a tous ceux que leurs parents ont traines dans les musees des l’age de deux ans
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Attention : il y a enormement de gens decus. Si vous n’etes pas surs, regardez d’abord les extraits
| Detail | Information |
|---|---|
| **Realisateur** | Jean-Michel Ribes |
| **Acteurs** | Fabrice Luchini, Andre Dussolier, Muriel Robin, Gerard Jugnot, Michel Blanc... |
| **Genre** | Comedie absurde, film a sketches |
| **Note** | 3/5 |