La promesse : des ingredients de choix… et pourtant
Que de promesses ! Une comedie des freres Coen : comment resister, apres avoir tant ri avec The Big Lebowski, Ladykillers ou O’Brother ? Pour Burn After Reading, les freres Coen n’ont utilise que des ingredients de choix… et pourtant, quelque chose cloche !
Apres reflexion, cette farce d’espions aux airs de Johnny English et d’Austin Powers couples avec un melange d’Ocean’s 13 et de Ladykillers me rappelle surtout le « traditional English trifle » que cuisinait Rachel dans Friends. Les pages de son livre de recettes s’etant collees, elle finit par melanger creme anglaise et confiture au saute de boeuf aux oignons. Dans Burn After Reading, le melange est tout aussi detonnant… et le souffle tombe a plat.
Les acteurs a contre-emploi : l’idee brillantissime
Certes, l’idee des freres Coen est brillantissime : ecrire des roles a contre-emploi pour des acteurs qu’ils connaissent bien. Idee brillantissime, certes, mais qui conviendrait davantage pour un spectacle de sketches ou un one-man show.
Resultat :
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Brad Pitt : drole comme jamais dans ce qui, pour moi, est son meilleur role
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George Clooney : pour une fois pitoyable (et toujours obsede par un detail, comme dans chacun de ses roles chez les Coen)
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John Malkovich : pour une fois, ne joue pas une incarnation de l’intelligence
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Tilda Swinton : parfaite dans le role d’une femme froide et castratrice qui lui colle a la peau (cf Michael Clayton)
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Frances McDormand : le jeu rappelle parfaitement ce qu’elle avait fait dans Fargo, dans une septieme collaboration avec les deux freres
Si chacun des acteurs surjoue jusqu’a devenir la caricature de sa propre caricature, c’est Frances McDormand qui atteint les sommets du soutenable avec une interpretation presque aussi irritante que celle de Sally Hawkins dans Be Happy (et on pensait que c’etait impossible !). Les deux films etaient d’ailleurs en lice pour le Golden Globe de la meilleure comedie.
L’histoire : des sketches plus qu’un film
Quant a l’histoire, elle n’est interessante que dans la mesure ou elle donne lieu a quelques scenes d’anthologie (un coup de telephone memorable, et un coup de feu drole a en mourir) — des scenes qui, tels des sketches, pourraient etre vues separement.
Mais, vu de loin, on a du mal a croire a cette histoire de l’idiotie humaine (peut-etre plus a cause du jeu force des acteurs que du scenario lui-meme) : une histoire aussi improbable devrait se baser sur des faits reels pour pouvoir etre credible. Finalement, reunir une histoire d’espions, une bande de bras casses, de l’humour noir et du comique de situation ne reussit pas le trifle si le scenario ne prend pas !
Le verdict : le revers comique de No Country for Old Men
Prepare en meme temps que No Country for Old Men, Burn After Reading est un revers de la meme medaille : comme si les freres Coen avaient besoin de cet echappatoire idiot ou l’on rit aux eclats sans raison apparente pour compenser la tension et la noirceur de No Country for Old Men.
De ce point de vue-la, Burn After Reading est un succes. Du point de vue des spectateurs, c’est plus mitige…
Informations sur le film

| Information | Details |
|---|---|
| **Film** | Burn After Reading |
| **Realisateurs** | Joel et Ethan Coen |
| **Annee** | 2008 |
| **Genre** | Comedie / Espionnage / Thriller |
| **Casting** | Brad Pitt, George Clooney, Frances McDormand, John Malkovich, Tilda Swinton |
| **Note** | ★★★☆☆ (3/5) |